Aller au contenu principal
Fermer

COP28, énergies fossiles et zones d'ombre : les points clés d'un accord âprement disputé
information fournie par Boursorama avec Media Services 13/12/2023 à 14:09

Après trois décennies de tergiversations autour de la cause principale du réchauffement climatique, les négociations de l'ONU sur le climat, réunis à la COP28 de Dubaï, ont appelé le monde à "effectuer une transition hors" (transitioning away en anglais) des énergies fossiles. Le texte, dont chaque mot a été âprement négocié, mentionne toutes les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) mais ne parle pas de "phase out" (suppression progressive), un terme réclamé depuis des mois par une centaine de pays et des milliers d'ONG mais qui faisait office de drapeau rouge pour certains États pétroliers, notamment. Pour Dave Jones du Global Insights Lead d'Ember, l'accord adopté par plus de 200 pays à la COP28 "marque le début de la fin de l'ère des combustibles fossiles". Mais les analystes soulignent aussi qu'il comporte des lacunes.

( AFP / GIUSEPPE CACACE )

( AFP / GIUSEPPE CACACE )

Tous les fossiles mentionnés

Le texte adopté mercredi 13 décembre stipule que le monde doit "transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d'une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l'action dans cette décennie cruciale, afin d'atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément aux préconisations scientifiques".

Si les négociations des Nations unies sur le climat ont déjà mentionné les combustibles fossiles par le passé, c'était pour appeler à une suppression progressive des subventions "inefficaces".

S'attaquer à l'ensemble des combustibles fossiles, qui représentent environ trois quarts de toutes les émissions d'origine humaine, est "sans précédent dans ce processus", a déclaré David Waskow, directeur de l'action internationale pour le climat au World Resources Institute.

Selon les observateurs, l'appel à une accélération "au cours de la présente décennie" constitue un autre point positif. Ce délai est crucial étant donné que, selon le GIEC, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites de près de moitié d'ici à 2030 pour ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement, l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris.

Ils se sont toutefois inquiétés du fait que l'appel à l'abandon des combustibles fossiles ne concernait que le secteur de l'énergie et ne faisait pas référence aux plastiques et aux engrais polluants.

Les énergies renouvelables

Dans le détail, le texte de Dubaï appelle à "tripler la capacité des énergies renouvelables au niveau mondial et doubler le taux annuel moyen mondial d'amélioration de l'efficacité énergétique d'ici à 2030".

Au début des négociations, plus de 130 pays avaient signé un engagement volontaire en ce sens, mais les observateurs estiment que leur inclusion dans le principal texte de décision de la COP28 est essentielle.

L'élan en faveur de cet objectif s'est renforcé, notamment en raison de l'augmentation spectaculaire de la capacité des énergies renouvelables au cours des dernières années.

En septembre, le G20 – responsable d’environ 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre – avait enclenché le mouvement en approuvant l’objectif de tripler la capacité des énergies renouvelables d’ici la fin de la décennie.

L'AIE a prévu que la demande mondiale de pétrole, de gaz et de charbon devrait atteindre son pic au cours de cette décennie grâce à la croissance "spectaculaire" d'énergies plus propres et des voitures électriques.

"Pour la première fois, le monde a reconnu l'ampleur de l'ambition requise au cours de cette décennie pour construire le nouveau système d'énergie propre", analyse M. Jones.

Le triplement des renouvelables et doubler l'amélioration de l'efficacité énergétique "constituent les actions les plus importantes susceptibles d'entraîner une réduction rapide des combustibles fossiles au cours de cette décennie" a-t-il jugé.

Le charbon

C'est lors de la conférence de Glasgow sur le climat, il y a deux ans, que les négociateurs ont pour la première fois tenté d'obtenir un accord pour arrêter de brûler des combustibles fossiles, en mettant l'accent sur le charbon.

Les participants avaient alors décidé de réduire progressivement la production d'électricité à partir du charbon sans recours aux technologies de captage des émissions de carbone. Une formulation conservée par les négociateurs de Dubaï.

Le charbon est le combustible fossile le plus polluant, mais il constitue également un pilier de nombreux systèmes énergétiques dans les économies en développement, notamment en Inde et en Chine.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Cette combinaison d'images créées le 9 avril 2025 montre l'envoyé américain au Moyen-Orient Steve Witkoff, à Riyad, le 18 février 2025 (g) ; et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, à Djeddah, en Arabie Saoudite, le 7 mars 2025 ( POOL / EVELYN HOCKSTEIN )
    information fournie par AFP 17.02.2026 02:50 

    L'Iran et les Etats-Unis entament une deuxième série de discussions mardi à Genève pour éloigner le risque d'une intervention militaire des Etats-Unis, Téhéran évoquant "prudemment" des signes d'une position américaine "plus réaliste" sur la question nucléaire. ... Lire la suite

  • L'application Snapchat sur mobile (Crédit: guteksk7 / Adobe Stock)
    information fournie par Reuters 17.02.2026 01:01 

    ((Traduction automatisée par Reuters à l'aide de l'apprentissage automatique et de l'IA générative, veuillez vous référer à l'avertissement suivant: https://bit.ly/rtrsauto)) La Commission irlandaise de protection des données (DPC) a déclaré mardi qu'elle avait ... Lire la suite

  • Mort de Quentin Deranque : Lyon, ville des extrêmes ?
    information fournie par France 24 17.02.2026 00:15 

    En France, l'enquête se poursuit après la mort de Quentin Deranque, ce jeune militant nationaliste de 23 ans, tué jeudi dernier à Lyon. Il a été frappé par au moins six individus. Une enquête pour homicide volontaire a été ouverte. Depuis longtemps maintenant, ... Lire la suite

  • L'Assemblée nationale a recommencé lundi à débattre de la création d'un droit à l'aide à mourir, avec en vue un vote solennel le 24 février ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
    information fournie par AFP 16.02.2026 23:09 

    L'Assemblée nationale a recommencé lundi à débattre de la création d'un droit à l'aide à mourir, avec en vue un vote solennel le 24 février. Un jalon sur le chemin tortueux de cette réforme, que ses partisans souhaitent voir aboutir avant l'été. Dans un hémicycle ... Lire la suite

Pages les plus populaires